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Articles de journaux et autres nouvelles (archives)

Découverte majeure de chercheurs canadiens concernant la maladie de Lou Gehrig
(Le Bulletin de la Société de la sclérose latérale amyotrophique du Québec, Volume 12, no 3, novembre 1999)

« Une découverte majeure a été récemment communiquée par le Dr Michael Strong du John P.Robarts Research Institute de l'Université Western Ontario, à London concernant l'"énigme" scientifique que constitue toujours la sclérose latérale amyotrophique, aussi connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig.

La découverte résulte de travaux effectués par le Dr Jean-Pierre Julien, chercheur au Centre de Neurosciences de l'Universtité McGill et à l'Institut de recherche de l'Hôpital général de Montréal, et par le Dr Michael Strong. Les deux chercheurs reçoivent des fonds de recherche de la Société canadienne de la sclérose latérale amyotrophique (SLA-Canada) et ont contribué également à la découverte.

L'annonce de cette percée scientifique a été faite quelques jours avant l'ouverture du Symposium 1999 sur les maladies du neurone moteur, vaste rencontre internationale annuelle qui regroupe des chercheurs et des groupes intéressés par la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et autres maladies neurologiques connexes. C'est la première fois que cette rencontre se tenait au Canada, à Vancouver plus précisément, du 15 au 17 novembre 1999.

La SLA affaiblit graduellement les muscles moteurs des bras et des jambes mais affecte également la capacité des personnes atteintes de cette maladie mortelle de parler, avaler et respirer. Les malades deviennent progressivement emmurés dans leur corps mais gardent toute leur lucidité, car la SLA n'affecte d'aucune façon leurs capacités intellectuelles. Ils décèdent en général de trois à cinq ans après l'annonce de leur diagnostic.

Les chercheurs ont utilisé des souris transgéniques pour étudier l'évolution d'une protéine cellulaire clé, protéine qui s'amenuise dans le processus normal de vieillissement du corps humain mais qui se retrouve en nombre réduit également dans les cellules affectées par la SLA. Le Dr Julien a augmenté la quantité d'une autre protéine qui se trouve dans la cellule en petites quantités, tandis que le Dr Strong trouvait les mêmes corrrespondances dans les cellules détériorées par la SLA.

C'est la première fois que les effets provoqués par la SLAsur la structure cellulaire sont démontrés dans un modèle animal (la souris), permettant aux scientifiques de comprendre comment la maladie de Lou Gehrig affecte les échanges de protéines au niveau cellulaire.

"La recherche sur les causes de la SLA ressemble au travail d'enquêteurs qui essaient de comprendre la cause de l'écrassement d'un avion, explique le Dr Michael Strong. Ils doivent retrouver et rassembler les débris disséminés partout et les recoller ensemble comme s'il s'agissait d'un immense casse-tête. C'est fastidieux, terriblement frustrant et cela exige énormément de temps." Les travaux de recherche des docteurs Julien et Strong nous rapprochent de la découverte de la fameuse "boîte noire" de la sclérose latérale amyotrophique qui donnera certainement la clé de cette terrible maladie. Plus de 2 500 Canadiens meurent de la SLA chaque année. »

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Maladie de Lou Gehrig : découverte majeure
(Martine Roux, La Presse, Montréal, samedi 13 novembre 1999)

« La recherche sur l'évolution de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi appelée maladie de Lou Gehrig, a fait un prodigieux pas en avant, hier, alors que des médecins du John P. Robarts Institute de l'Université Western et du Centre de neurosciences de l'Université McGill ont révélé des progrès majeurs dans leurs travaux.
Cette terrible maladie, incurable et dégénérative, s'attaque aux muscles moteurs, détruisant peu à peu la capacité des personnes atteintes de se servir de leurs bras et de leurs jambes - voire leur capacité de parler, d'avaler et de respirer - tout en épargnant leurs fonctions intellectuelles. Elle tue généralement ses victimes en moins de cinq ans.
Jusqu'ici, la SLA demeurait une véritable énigme pour les chercheurs. Or, les docteurs Jean-Pierre Julien (McGill) et Michael Strong (Western) ont réussi à cerner davantage l'évolution d'une protéine cellulaire clé. Celle-ci s'amenuise dans le processus normal de vieillissement du corps humain, mais se retrouve aussi en nombre réduit dans les cellules affectées par la maladie. Les chercheurs ont utilisé des souris transgéniques pour étudier l'évolution de cette protéine. Pour la première fois, les effets provoqués par la SLA ont ainsi été démontrés sur des animaux, ce qui permettra aux médecins de comprendre comment la maladie affecte les échanges de protéines au plan cellulaire.
"La recherche sur les causes de la SLA ressemble au travail d'enquêteurs essayant de comprendre la cause de l'écrasement d'un avion", a fait valoir le Dr Strong par voie de communiqué. Les travaux des deux équipes de chercheurs représentent toutefois une percée importante qui donnera éventuellement aux chercheurs la clé de la maladie de Lou Gehrig.
En 1994, le neurologue Guy Rouleau, également chercheur au Centre de neurosciences de l'Université McGill, a découvert l'un des gènes responsables de la SLA, ce qui a permis de faire progresser la recherche.
Au Québec, la maladie de Lou Gehrig tue annuellement plus de personnes que la sclérose en plaques, la fibrose kystique, la maladie de Huntingdon et la dystrophie musculaire réunies. »

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Décès de Jim "Catfish" Hunter

La Presse Canadienne et l'Associated Press annonçaient, le 10 septembre 1999, le décès de l'ancien lanceur des ligues majeures, Jim "Catfish" Hunter. Hunter est décédé de la sclérose latérale amyotrophique le jeudi 9 septembre, à 11h10, à sa résidence de Hertford, Caroline du Nord., États-Unis. Il avait 53 ans. Il a été inhumé le 12 septembre, au cimetière de Cedar Wood, à Hertford, derrière le terrain de balles où il jouait lorsqu'il était étudiant.

C'est en septembre 1998 que Hunter apprenait qu'il était atteint de la sclérose latérale amyotrophique, communément appelée maladie de Lou Gehrig, du nom d'un autre grand joueur des Yankees décédé en 1941, de la même maladie. Les premiers symptômes sont apparus à l'hiver 1997-98, alors qu'il était en excursion de chasse près de sa ferme. "Je ne pouvais plus tenir mon arme avec le bras droit.", dit Hunter, "Il faisait froid ce jour-là, et je me suis dit que cela passerait. Mais ça n'a fait qu'empirer." Hunter raconta comment Helen, son épouse depuis plus de 30 ans, l'aidait chaque jour à s'habiller et à couper sa nourriture: "Après un long moment, nous nous assoyons et nous pleurons ensemble."

Lors d'une visite au camp d'entraînement des Yankees, le printemps dernier, il pouvait tout juste serrer les mains de ses anciens coéquipiers. "Je vais très bien", dit-il à cette occasion, "ce ne sont que mes mains et mes bras qui ne vont pas."

Réagissant au décès de Hunter, le commissaire Bud Selig déclara: "Quand on pense à Catfish Hunter, on pense à tout ce qu'on veut voir d'un formidable lanceur des ligues majeures".

Débutant sa carrière en 1965, Catfish Hunter fut lanceur dans la Ligue américaine de baseball pendant 15 ans, où il a évolué avec les Athletics d'Oakland et les Yankees de New York. En 1968, il joua un match parfait contre les Twins du Minnesota. Après s'être joint aux Yankees de New York, il les mena à leur première conquête de la Série mondiale en 12 saisons. Hunter fut le premier joueur de baseball à devenir multi-millionnaire. Détenteur du trophée Cy Young, remis au meilleur lanceur, en 1974, il a été intronisé au Temple de la renommée en 1987.

Le 8 mai 1999, lors d'une cérémonie commémorant le 31e anniversaire de son match parfait, Catfish Hunter déclara: "Le plus important est de garder espoir, persévérer et ne jamais cesser de croire."

Sources:
Presse Canadienne et Associeted Press

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Sclérose latérale amyotrophique. Une maladie méconnue qui tue ses victimes en moins de cinq ans.
(Martine Roux, La Presse, Montréal, mardi 13 juillet 1999)

« La sclérose latérale amyotrophique tue annuellement au Québec plus de personnes que la sclérose en plaques, la fibrose kystique, la maladie de Huntingdon et la dystrophie musculaire réunies. Un diagnostic sans appel qui s'abat comme un rideau noir sur la vie des malades et de leurs proches.

Tout a commencé par une faiblesse dans la main droite. En ce début d'automne, Yolande Poisson venait de racler le gazon et s'apprêtait à boire un café bien chaud. Impossible de soulever la tasse.

Diagnostic : sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi appelée maladie de Lou Gehrig. Le même verdict cruel qui avait jadis poussé la Canadienne Sue Rodriguez à mener bataille jusqu'en Cour suprême pour revendiquer le droit au suicide assisté.

Car cette maladie méconnue, incurable et dégénérative, ne laisse aucun espoir à ses victimes. Comme elle s'attaque aux neurones moteurs, qui contrôlent les muscles volontaires, elle entraîne progressivement la paralysie complète tout en laissant aux malades leurs facultés intellectuelles. Ils deviennent prisonniers de leur corps. La mort les attend généralement au bout de deux à cinq ans.

Pour Yolande Poisson, une retraitée dynamique de 53 ans, l'annonce de la maladie, en octobre dernier, fut un véritable choc. «Le plus difficile, c'est d'apprendre qu'on a une maladie incurable. On ne se fait jamais à l'idée.»

Finies les parties de golf, les randonnées à bicyclette ou de ski de fond qu'elle affectionnait tant. Seule et sans enfant, elle a dû se résoudre à vendre son duplex de Rivière-des-Prairies pour emménager dans une résidence pour personnes âgées, où elle a tous les services à portée de la main. Moyenne d'âge de ses voisins: 74 ans...

«Je ne peux presque plus cuisiner. Les gestes les plus simples, comme attacher un bouton ou laver une assiette, relèvent de l'exploit. Si je dois prendre une douche et me coiffer, c'est une grosse journée. Heureusement, mes frères et soeurs m'aident beaucoup.»

«La SLA est différente d'une autre maladie car les personnes atteintes dégénèrent rapidement et deviennent dépendantes des autres, explique Carmen Déziel, intervenante psychosociale à la Société de la sclérose latérale amyotrophique du Québec. Elles perdent graduellement leurs raisons de vivre.»

Des proches éprouvés
Passé le choc du diagnostic, la Société de la SLA est souvent la première ressource des malades. En collaboration avec différents partenaires, dont l'Institut neurologique de Montréal, le Centre de réadaptation Lucie-Bruneau et l'hôpital Notre-Dame, elle soutient, écoute et informe les personnes atteintes et leurs proches.

Sentiment d'impuissance, découragement et épuisement guettent aussi les proches, ou «aidants naturels», au détour. Lise Deschesnes en sait quelque chose. En phase terminale, son mari exige de lourds soins qu'elle décidait de lui prodiguer à la maison, il y a deux ans. Mais au prix de nombreux sacrifices.

«Je dois me battre constamment pour obtenir des services. Le CLSC ne m'accorde de l'aide que 35 heures par semaine. J'en ai demandé dix de plus, ce qui m'a été refusé pour une question de budget. Ces luttes me pèsent encore plus que la maladie de mon mari.»

Alors que son mari est invalide, ce n'est qu'au terme de plusieurs mois de discussion avec le personnel du CLSC qu'elle a pu obtenir un lève-personne et un matelas électrique. Sa maison? Un demi-hôpital. Elle peut bien sûr compter sur des services de gardiennage... 16 heures par semaine, soit à peine le temps de faire les courses.

Ses seules récompenses sont les regards attendris mais furtifs de son mari, avec qui elle ne communique qu'à sens unique. Et les petites batailles gagnées auprès du CLSC, qui profiteront à d'autres grands malades, espère-t-elle. «J'ai pleuré pendant trois mois avant de décider de me battre pour lui. Je vis avec cette maladie car je n'ai pas le choix. Mais je ne l'ai pas accepté. Pour moi, SLA veut dire Soucis, Larmes, Angoisse.»

La sclérose quoi?
Comme si se savoir atteint d'une maladie incurable ne suffisait pas, les personnes éprouvées par la SLA se heurtent aussi à l'ignorance. «La plupart des gens confondent la SLA avec la sclérose en plaques, poursuit Yolande Poisson. Mais avec la SLA, les plateaux ou les rémissions sont rares. C'est encore plus difficile à vivre.»

Il faut dire que cette maladie au nom impossible ne défraie pas souvent les manchettes. Les malades et leurs proches n'ont ni temps, ni énergie à consacrer à d'éventuelles campagnes de sensibilisation. Et comme les victimes décèdent rapidement, elles laissent peu de témoignages.

Conséquences? Plusieurs chercheurs boudent la maladie, et la recherche médicale avance à petits pas, estime Carmen Déziel. Seul un médicament, le riluzole, peut ralentir la progression de la SLA. «Il n'est efficace que s'il est pris dès le début de la maladie et peut prolonger l'espérance de vie de deux à trois mois. On ne pourra jamais guérir cette maladie, mais il faut espérer que d'ici quelques années, un médicament permettra de la stabiliser.»

Loin de baisser les bras devant l'inéluctable, Lise Deschesnes a décidé de mettre son courage au profit de la Société de la SLA, dont elle est récemment devenue la présidente. »

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Dernière mise à jour de cette page: 09 mars, 2005